SNCF, retards chroniques en Seine-et-Marne

Le ton monte chez les usagers de la SNCF des lignes du sud du département de Seine-et-Marne. Certains d’entre eux ont entamé une grève des billets.

Depuis le 14 décembre et la mise en place des nouvelles grilles horaires, les conditions de transport vont de mal en pis, accusant aujourd’hui près de 600 heures de retard cumulé sur plusieurs lignes : Nemours-Paris, Montereau-Melun-Paris et Montereau-Fontainebleau-Paris.

Le nouveau cadencement mis en place par la SNCF et le Stif (Syndicat des transports d’Îlede-France) provoque la mobilisation croissante des voyageurs réunis au sein de mouvements comme le Codut (Comité de défense des usagers des transports) ou le collectif Seine Rivedroite.

«Après plus de trois mois de pratique, le bilan est consternant, déclare Claudine Foy, l’une des fondatrices du collectif Seine Rive-droite. C’est un échec total pour les usagers de la desserte Montereau-Paris et plus particulièrement sur la ligne Seine Rive-droite. Les conditions de transports ne sont plus du tout à la hauteur d’un véritable service public avec un allongement de 20 à 50 minutes des trajets, des trains supprimés, des correspondances non assurées. Avant ce nouveau cadencement, nos lignes ne connaissaient pas de gros problèmes. Nous exigeons dès maintenant le retour de nos trains directs pour Paris.»

En trois mois, les usagers mécontents ont multiplié les courriers, alerté les élus locaux et les parlementaires, rédigé des motions, lancé des pétitions (5 000 signatures).

Pour l’heure, les deux mouvements ont décidé d’augmenter la pression avec des actions plus spectaculaires. Alors que le Codut a lancé une grève des billets (lire encadré), le «Collectif» envisage de porter l’action jusque dans les murs du conseil régional, comme c’était le cas dernièrement en séance plénière.

«Après plusieurs courriers et des demandes de rendez-vous auprès du président de la Région, nous n’avons eu à ce jour pour seule réponse que le silence, souligne Claudine Foy. Nous interpellons Jean-Paul Huchon, président de la Région et du Stif pour qu’il se bouge, retrousse ses manches et tape enfin du poing sur la table face à la SNCF.

Pourquoi le Stif n’est-il pas plus exigeant envers la SNCF?»

Les usagers vont même plus loin et réclament le remboursement des titres de transports (122 euros par mois) par la SCNF pour service non rendu. Du côté du Stif, on rétorque, au contraire, que plusieurs réunions ont déjà permis de recenser l’ensemble des doléances et qu’elles sont actuellement en cours d’étude.

«Le problème posé aux usagers de la rive droite est structurel et il est lié à la capacité d’accueil de la gare de Lyon. Il dépasse de loin la bonne volonté du Stif», précise un responsable. Un nouveau rendez-vous entre le Stif et les deux associations d’usagers est prévu le 28 avril. Sans que ces dernières, qui réclament toujours de voir Jean-Paul Huchon, sachent qui sera leur interlocuteur.

En attendant, selon elles, les heures de retard et la colère s’accumulent.

Jean-François CALTOT
DirectmatinPLUS

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