IDF au chevet de la Terre

Les accords internationaux pour lutter contre le réchauffement climatique ont besoin d’être rénovés. Ouverte hier, à Bonn, en Allemagne, une session préparatoire à la conférence de Copenhague doit mettre au point l’accord qui succédera au protocole de Kyoto. Signé en 1997, il s’achève en 2012. L’Union européenne est parvenue à dépasser ses engagements concernant ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

La région Ile-de-France a réalisé un diagnostic sur ces gaz à effet de serre et un bilan carbone. Dès la fin 2009, un premier document devrait être présenté grâce auquel pourront être définies des priorités. Michel Vampouille, viceprésident chargé de l’environnement, parle de pistes comme la densification de l’habitat, qui permet d’économiser du chauffage et de créer des lignes de transport en commun. «On va aussi lancer la réflexion sur la production énergétique avec le bois, le solaire, l’éolien, la géothermie.» La région intervient sur son patrimoine immobilier (1).

Selon le conseil régional, 200 lycées ont été rénovés et 175 autres doivent devenir des bâtiments à basse consommation, voire produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment. En ce qui concerne les transports, 80% du budget régional de ce secteur, en 2009 et 2010, est consacré aux déplacements collectifs, les routes devant se contenter des 20 % restants. Les objectifs étant plus faciles à atteindre en zone urbaine, la région entend réussir sa division par quatre des GES dès 2030 pour ce qui la concerne directement.

La Seine-et-Marne en est actuellement à la phase de diagnostic alors que les Hauts-de-Seine ont entamé une série d’actions avec des investissements (131,58 millions d’euros, +22,3 % de 2008 à 2009) dans les transports en commun de banlieue à banlieue (2). Le recours aux énergies renouvelables est systématiquement étudié pour les nouvelles constructions départementales et les premières mesures: l’utilisation d’ampoules à basse consommation et l’arrêt du chauffage le week-end, notamment, ont permis de faire baisser la consommation énergétique de l’Hôtel du département de 40 %. On recense l’isolation renforcée de certains bâtiments publics et le recours à la géothermie. Ces premiers efforts ont permis d’abaisser de 6 % la consommation des énergies fossiles depuis 2006, selon le département de l’Ouest parisien.

Le Val-de-Marne, situé au-dessus d’une nappe fournissant une eau à 70 °C, est un véritable émirat aquifère. Premier département français pour la géothermie, ses 70000 logements chauffés par ce système devraient voir leur nombre doubler d’ici à 2020, ce qui évitera le rejet de 400000 tonnes/an de GES, selon une étude du bureau d’études Saunier et Associés commandée par le département.

«Si nous voulons éviter la catastrophe pour nos enfants, il n’y a pas d’autres issues pour les collectivités que d’être éco-responsables», assure Jacques Perreux, vice-président (PCF) du conseil général. Côté transport, le projet de la ligne de métro Orbival traverserait le département d’Arcueil à Fontenay-sous-Bois, en réduisant le trafic routier de 40000 véhicules/jour et en économisant 28000 tonnes de CO2 par an.

Francis Gouge

(1) 12 % des émissions nationales de GES sont dues directement aux collectivités et les bâtiments représentent 70 % de leur budget énergie.
(2) 80 % des déplacements automobiles en Ile-de-France concernent des relations banlieue-banlieue.

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