Le remaniement aura lieu le 24 juin prochain

Il a su créer la surprise ! En annonçant qu’il s’exprimerait le 22 juin devant le Congrès, pour la première fois dans la Ve République, Nicolas Sarkozy a pris tout le monde de court. Le rendez-vous est d’importance. Ce sera l’occasion de lancer solennellement l’acte II du quinquennat.

Après le discours de Toulon sur la crise, en septembre, le discours de Versailles s’efforcera d’indiquer le «dessein» présidentiel pour en sortir. Après deux semaines d’intenses consultations des partis politiques, des partenaires sociaux, mais aussi de ses homologues européens à l’occasion du sommet de Bruxelles, Nicolas Sarkozy va tenter de fixer un nouveau cap, et annoncer les réformes de l’après-crise.

«À l’occasion des élections européennes, les Français ont exprimé leurs convictions mais aussi leurs attentes. Le président de la République souhaite exposer les orientations qu’il leur propose, tant pour ce qui est de notre politique européenne que pour ce qui concerne son projet économique et social», annonce le communiqué de la présidence.

«La surprise, reine de l’art»

Depuis l’adoption de la réforme de la Constitution en juillet 2008, Nicolas Sarkozy disposait de cette arme nouvelle dans son arsenal. On sait combien il avait bataillé pour la faire adopter. Il aura attendu onze mois avant de se livrer pour la première fois à cet exercice. Cela faisait plusieurs jours que l’entourage du président cherchait la meilleure façon de s’adresser aux Français après cette élection «inespérée», qui a fait place nette autour de lui. Mais restait la forme à trouver. Radio, télévision, discours décentralisé ? L’Élysée a su gagner le petit jeu du chat et de la souris avec les médias, en conservant le secret jusqu’à la fin.

Même lors de la réunion du G6, jeudi matin, où se retrouvent les proches du président, dont plusieurs ministres, Claude Guéant a préféré ne rien divulguer, pour éviter les fuites. «La surprise est la reine de l’art», glisse un conseiller, ravi de son effet.

Alors que le chef de l’État martèle autour de lui qu’il ne veut rien lâcher sur l’ouverture, il a trouvé l’occasion idéale de réaffirmer l’importance qu’il y a à rassembler les forces politiques. «Nous réunissons les parlementaires de tous les bords, et le président s’adresse à tout le monde, quel que soit le bord politique», se félicite un proche du chef de l’État. Quand le Parti socialiste est KO, et le MoDem de François Bayrou au tapis, Sarkozy s’offre un «triomphe à la romaine», sourit ce dernier. Seule incertitude, on ne sait pas encore si son discours sera suivi d’un débat dans l’Hémicycle après son départ. Mais le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a déjà salué «un moment historique dans la vie parlementaire».

Le remaniement gouver­nemental tant attendu devrait être annoncé le surlendemain, le 24 juin, avant le Conseil des ministres. «On dit d’abord ce que l’on va faire, et on choisit ensuite les hommes pour le faire», résume Nicolas Sarkozy.

Lors du dernier Conseil des ministres, il a demandé à son gouvernement de «prendre patience», alors que le remaniement se fait attendre. «Laissez-moi savourer cette victoire», leur a-t-il dit. Il est probable que, face à une opposition désorientée, le chef de l’État savourera encore plus son succès «inespéré» du printemps.

Charles Jaigu

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